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Les tableaux de vos cauchemars !

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Ça y est ! C’est Halloween aujourd’hui !
Avez-vous prévu des bonbons dans l’espoir que des petits enfants trop mignons toquent à votre porte ?

On a lancé, il y a quelques jours, un concours sur Facebook pour vous offrir un magnifique carnet à dessin, (oui, on sait, on est trop gentils).
Il vous fallait donc nous partager le tableau qui hante vos cauchemars.
Le concours est terminé, mais pas de panique si vous l’avez loupé, Museum vous prépare d’autres surprises !

Aujourd’hui, la rédac a décidé de revenir sur les tableaux des trois gagnants :

Le Cri de Munch.

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Le Cri de Munch

Edvard Munch est un peintre norvégien (1863 à 1944). Le Cri, Skrik en norvégien, (oui, on est bilingue) est son œuvre la plus célèbre.
Munch s’est sûrement inspiré de son quotidien pour réaliser ce tableau. En effet, il vivait proche d’un abattoir, mais aussi d’un asile psychiatrique où résidait sa sœur.
Pourquoi vivre à la campagne, entouré de champs et d’oiseaux quand on peut vivre entre un abattoir et un asile…

Mais la toile que vous connaissez n’est pas la seule représentation du cri. Munch a réalisé cinq versions. Un pastel en 1895, (qui fut vendu aux enchères en 2012 pour 119,92 millions de dollar). Une tempéra sur carton en 1910, victime de vol au Munch Museum d’Oslo en 1994, retrouvée trois mois plus tard, une réalisée au crayon et enfin une lithographie en 1895.

Essayons un instant de décrypter le message de ce tableau.
Avec son univers inquiétant aux couleurs criardes, et le personnage au centre, ce tableau semble représenter un homme pris d’une crise d’angoisse existentielle.

« Je me promenais sur un sentier avec deux amis – le soleil se couchait – tout d’un coup le ciel devint rouge sang – je m’arrêtais, fatigué, et m’appuyais sur une clôture – il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville – mes amis continuèrent et j’y restais, tremblant d’anxiété – je sentais un cri infini qui passait à travers l’univers ».

Cette phrase de l’artiste nous permet de nous questionner sur l’origine du cri, est-ce l’homme qui cri ou se bouche-t’il les oreilles pour les protéger de cette clameur extérieure ?

Si aujourd’hui ce tableau nous donne encore les chocottes, c’est parce qu’il ne cesse d’inspirer les films d’épouvante.
Entre le masque du tueur de la trilogie Scream, le cri de la belle Marion dans Psychose de Hitchcock ou encore Kevin dans « Maman, j’ai raté l’avion » (on vous l’accorde, ce dernier n’est pas un film d’épouvante), Le cri de Munch est sans aucun doute le tableau le plus parodié au monde, après la Joconde.

Pour finir sur une note de légèreté, voici la vision d’un jeune Roumain Sebastian Cosor qui a interprété le tableau d’Edvard Munch, Le Cri :

Continuons de suite avec l’autre gagnant :

Les trois études de figures au pied d’une crucifixion de Francis Bacon en 1944

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Trois études de figures au pied d’une crucifixion de Francis Bacon

C’est à l’âge de 16 ans que notre artiste quitte l’Irlande pour s’installer à Londres suite à une crise de son entourage concernant son homosexualité.
En 1944, il réalise cette œuvre inspirée de la « Crucifixion » de Picasso, un triptyque intitulé « Trois études de figures au pied d’une crucifixion ».

L’un représente une figure qui se recroqueville sur un piédestal, les omoplates arrondies,
L’autre tient un oiseau, le visage voilé et criant et le dernier une figure plus animale, sur une jambe et le cou tendu horizontalement, hurlant, la bouche grande ouverte.

Réalisée sur un panneau de bois en pastel et à l’huile, l’œuvre est peinte avec les couleurs de la mort et la souffrance. En rouge et noir (j’exilerai ma peur…) L’artiste expressionniste nous illustre ici la douleur et la souffrance.

Pour finir, le cauchemar de Füssli

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Le cauchemar de Füssli

Il est vrai que ce tableau n’est pas de tout repos.
Fussli ne donne pas d’explication à ce tableau pour laisser votre esprit s’évanouir dans votre imagination.

Un point sur lequel on peut se mettre d’accord, c’est qu’il n’est pas très rassurant.
Notre artiste joue entre la blancheur et la clarté de la femme sur laquelle notre regard trouve le refuge et l’obscurité de l’arrière-plan qui nous donne des frissons dans le dos.

Le titre ainsi que la position de la femme nous indiquent qu’elle dort. (ou alors on n’a rien compris).
Cependant, on est d’accord pour dire que cette position n’a pas l’air très agréable…
Elle semble évanouie et vulnérable comme offerte aux démons qui l’entourent.
Cette position a convaincu certains qu’il s’agissait d’un viol.

Plusieurs personnages attirent notre attention… D’abord le monstre assis sur son ventre.
Les yeux écarquillés, il nous regarde, comme pour nous faire fuir.
Une gargouille ? Un gnome ? Non. Un incube, un démon connu du folklore médiéval qui vient troubler le sommeil des femmes avec des rêves sexuels.

L’autre personnage, celui qui aurait pu être mignon, est le cheval aveugle caché dans l’ombre.
La première question qui nous vient à l’esprit est : POURQUOI DIABLE IL Y A T’IL UN CHEVAL AVEUGLE DANS CETTE PIÈCE ?!
Caché derrière les rideaux, il tient la position du voyeur (enfin difficile pour un aveugle, on vous l’accorde).
Certains ont fait le parallèle entre le titre du tableau et sa présence, en effet, cauchemars en anglais se dit Nightmare, « Mare » étant « la jument »

Fussli, nous a pas donné beaucoup d’explications sur ce tableau. On en déduit bien la dimension du rêve et du cauchemar cependant la présence du cheval et de l’incube reste fantasmagorique.
Le démon, en soutenant notre regard nous inclus à la scène, le spectateur prend alors lui aussi la place de voyeur regardant cette femme endormie, s’introduisant ainsi dans ce moment intime et personnel.

Et voilà, chers amis, il est l’heure de vous annoncer la fin de cette longue semaine spéciale horreur.
On est pressé de se changer les idées avec un joli tableau de chats ou de licornes.
Mais en attendant, on vous souhaite de faire de jolis rêves.
Promis, on viendra pas à dos de cheval aveugle pour venir les troubler.