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Roy Lichtenstein et la Bande-Dessinée

Si vous êtes fan de Museum (et on l’espère !), vous savez que le mois de janvier était placé sous le signe de la Bande Dessinée.  Et pour conclure ce mois bullé, on s’est dit qu’on pouvait vous parler de Roy Lichtenstein ! C’est un peintre, donc aux premiers abords, rien à voir avec la bande dessinée, mais vous le savez, on a plus d’un tour dans notre sac !

Photographie de Roy Lichtenstein devant son oeuvre « Crying Girl », 1964

Roy est américain. Il naît en 1923 et se forme au dessin lors de ses études. Il s’intéresse très vite au design, à la publicité et à la bande dessinée. Avant de se lancer dans une carrière d’artiste, il enseignera l’art à l’université. Puis, avec l’arrivée de la société de consommation d’après guerre, il deviendra l’un des chefs de file du Pop Art, aux côtés d’Andy Warhol, entre autres.

C’est en 1961 qu’il commence réellement à peindre de manière pop. Il s’inspire des dessins animés. Sa première œuvre à grande échelle est Look Mickey qu’il réalise en 1961. La réalisation de ce tableau est le résultat d’un défi de son fils qui lui dit un jour, en lisant une bande dessinée de Mickey Mouse  « Je parie que tu ne peux pas peindre aussi bien que lui, hein, papa ? « .  A bon entendeur, il s’est emparé de ses pinceaux et a dessiné Mickey et Donald, dans un style emprunté directement à la bande dessinée. Il gardera cette thématique dans ses œuvres, ce qui lui vaudra sa renommée.

Roy Lichtenstein, Look Mickey, 1961

 

Illustration dont s’est inspiré Roy Lichtenstein, « Donald Duck, Lost and Found », de Carl Buettner, Illustré par Bob Grant et Bob Totten, 1960

 

En 1962, Léo Castelli, célèbre marchand d’art et galeriste américain, expose les tableaux de Lichtenstein dans sa galerie new-yorkaise. C’est un carton, puisque toutes ses œuvres seront achetées par de grands collectionneurs avant même l’ouverture de l’exposition. C’est à ce moment que son succès devient commercial et qu’il est considéré comme l’un des maîtres du Pop Art.

Roy Lichtenstein, Girl in Mirror, 1963

Dans son style, il utilise toujours le même principe : des points de trame agrandis, des couleurs primaires, de larges cernes noires et des brushstrokes, c’est à dire des coups de pinceaux stylisés.

Il choisi ouvertement des sujets populaires, qui rappellent les publicités et le monde américain, quelque peu stéréotypé de la deuxième moitié du 20e siècle.

Roy Lichtenstein, Drowning Girl, 1963 (« je m’en fiche, je préfère couler plutôt que d’appeler Brad à l’aide »)

Malgré son succès, Lichtenstein a souvent été accusé de plagier. Ses toiles reprenaient des images déjà existantes, et pour certains, il se contentait seulement de les reproduire et de les agrandir. L’artiste se défend en expliquant : « Les dessinateurs de bandes dessinées essaient d’émouvoir avec leurs sujets, tandis que moi, j’essaie de montrer à quel point ils sont vidés de tout caractère humain. ». Il tourne un peu à la dérision la société de consommation américaine et la publicité en reprenant des images comme la blonde bimbo, un peu naïve, qui attend un homme mais qui préfère croire qu’il est malade en ne le voyant pas arriver dans M-Maybe.

Roy Lichtenstein, M-Maybe, 1965 (« P-Peut être qu’il est tombé malade et qu’il n’a pas pu quitter le studio)

Son art est presque cynique, il se moque et dénonce certains processus de la société moderne, de consommation, à travers des œuvres colorées et amusantes. Aujourd’hui encore, ses œuvres sont reprises dans la Pop Culture :

Campagne de publicité pour la boisson Perrier en 2012

Collection de vêtements Lacoste s’inspirant de Roy Lichtenstein

Chaussures Puma de la Collection « Puma X Roy Lichtenstein », 2008

Plateau de l’émission de France 2, « Les Z’amours » ayant comme décors des œuvres de Roy Lichtenstein

Exrait du générique de Desperate Housewives, série de Marc Cherry, ABC Studios