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Paris à travers les yeux de Robert Doisneau

Robert Doisneau

Né en 1912 dans la banlieue parisienne, Robert Doisneau est le « photographe humaniste » le plus connu du monde. Mais pour en arriver là, il n’a pas chômé…

À 15 ans il apprend le métier de graveur lithographe et dessine des étiquettes pharmaceutiques… On est loin des photos que nous lui connaissons.

Mais comment en est-il arrivé là ?

Robert Doisneau

Il découvre le monde de la création en 1931 dans l’atelier du photographe André Vigneau dont il est l’opérateur. Il passe ensuite 4 ans au service pub des usines Renault, où il est remercié pour son manque de ponctualité. Mais c’est le plus beau cadeau qu’on pouvait lui faire car grâce à ça, il devient photographe indépendant !

Malheureusement, la guerre le force à mettre en pause ses projets…

Dans la période d’après-guerre il devient le photographe que tout le monde connait aujourd’hui. Malgré les commandes quotidiennes, notre petit Robert (rien à voir avec le dictionnaire…) se promène dans les rues de notre belle capitale française à la recherche de moments furtifs de bonheur. Il accumule les images de « là où il n’y a rien à voir ».

« Toute ma vie je me suis amusé, je me suis fabriqué mon petit théâtre »

Robert Doisneau

Tout le monde connait Le baiser de l’Hôtel de Ville, ce cliché qui l’a rendu célèbre. Cette photo montre tout le talent de Doisneau pour capturer « l’illusion d’un instant », la beauté d’une seconde fixée à jamais !

Robert Doisneau

Nous savons tous que les photographes sont des chasseurs d’images, ils chassent le cliché parfait. Et bien Robert Doisneau se définit plutôt comme un « pêcheur d’images »,car comme un pêcheur, il sait se poser et patienter sans bruit en attendant que la photo parfaite vienne à lui. Il ne lui manque que le bob et les bottes.

Il dit que son travail est pour lui un antidote au fait de ne pas être jongleur, funambule ou illusionniste. Notre photographe préféré aurait aimé être clown et parcourir le monde avec son cirque pour faire rire les gens.

Robert Doisneau

Malheureusement notre photographe nous a quitté la 1er avril 1994. Un mauvais poisson d’avril pour notre pêcheur d’image. Il laisse derrière lui 450000 négatifs. Rien que ça ! Véritable photothèque, c’est le travail d’une vie qui raconte son époque dans un amusement tendre et bienveillant.

Mais attention il ne faut pas se laisser berner !

Il y a une réelle profondeur de réflexion dans ses clichés, une insolence face au pouvoir et à l’autorité, et surtout l’irréductible esprit d’indépendance de cet artiste reconnaissable entre mille !

Robert Doisneau