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Nos amis les bêtes sur Museum pour la Journée Internationale des Droits des Animaux !

Nos amis les bêtes sont en fête aujourd’hui, à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Animaux. Et à la rédac’, on aime tellement parler de nos animaux qu’on a pas résisté à l’idée de leur consacrer un article. Alors rassurez vous, nous n’allons pas vous montrer des photos de nos  boules de poils à nous (Felix, Johnny, Floyd et Gribouille on vous aime quand même) mais des animaux dans l’art ! Ils sont très présents dans le monde artistique et ce, depuis bien longtemps.

Retour 18 000 ans en arrière avec les peintures de la Grotte de Lascaux, en Dordogne. Ont été retrouvées des peintures de taureaux, jusqu’à cinq mètres de long. Une cavalcade animalière se dessine avec des animaux comme des chevaux, des cerfs, un ours et même une licorne. Les animaux font donc partie des premiers sujets artistiques.

Durant l’Antiquité, les animaux sont représentés pour illustrer des scènes mythologiques. C’est le cas par exemple avec les représentations des 12 Travaux d’Héraclès (ou Hercule pour les intimes) sur les céramiques grecques.

Au Moyen-âge, les animaux sont réalisés pour accompagner les sujets principaux et ne sont jamais présents pour eux mêmes. C’est le cas de la licorne que l’on voit dans La Dame à la Licorne. Cet animal imaginaire est symbole de chasteté et accompagne la tenture pour exprimer la grandeur d’esprit de la jeune femme.

On avance un peu dans le temps, direction la Renaissance ! Dürer s’est lui aussi penché sur la question animale en représentant un rhinocéros. C’est une représentation exceptionnelle puisque Dürer n’avait jamais vu de rhinocéros de ses propres yeux. Il s’est basé sur des écrits et des récits pour graver cet animal exotique. Il avait été offert par le sultan Muzaffar Shah II au gouverneur de l’Inde Portugaise, Alfonso de Albuquerque. Ce dernier a ramené l’animal en Europe, marquant la curiosité des européens pour les contrées exotiques.

Un peu plus tard, les animaux seront représentés en peinture. On peut évoquer La Chasse au loup et au renard de Rubens.

Les animaux sont ici plus vivants, devenus sujets principaux de l’œuvre et Rubens montre tout son talent en peignant les animaux dans des postures héroïques, avec un réalisme fort.

Comme lui, Delacroix s’est intéressé aux représentations animales. Il en était même expert en la matière ! Il a longtemps étudié l’anatomie animale, et surtout des fauves, en allant jusqu’à assister à des dissections, d’où ses représentations réalistes des animaux.

À cette période, les animaux sont de plus en plus présents dans l’art. David a par exemple représenté Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard. Si le sujet principal est Bonaparte, son cheval prend le plus d’espace sur la scène et apporte à la grandeur de ce sujet. Courbet à lui aussi mis en avant des animaux dans l’hallali du cerf. Cette scène de chasse présente un cerf étendu de tout son long, entouré de chiens et d’un cheval. Les animaux ont une prestance qui éclipse presque les deux hommes. Encore une fois, les corps animaliers sont travaillés avec une grande précision.

Mais d’autres artistes se sont penchés sur la peinture animalière, mettant cependant de côté l’ultra-réaliste. On peut parler de la sculpture de François Pompon, l’Ours Blanc. Il l’a sculpté en simplifiant les formes au maximum. C’est le cas aussi de Monet, avec les Dindons. Cette œuvre impressionniste a un côté plus poétique et bien moins héroïque.

Avec le passage à un art plus abstrait, s’éloignant du réalisme, on va trouver des représentations d’animaux plus étonnantes les unes que les autres. Franz Marc réalise Le Cheval Bleu, comme son nom l’indique montre un cheval bleu, dans un environnement coloré, utopique, propre à l’expressionnisme.

Et puis, à l’ère contemporaine, les artistes se sont amusés à réaliser des animaux parfois drôles, démesurés ou étranges. On peut parler du Caniche de Jeff Koons, qui reprend le modèle des chiens en ballons, de l’immense araignée « Maman » de Louise Bourgeois où encore des « Musiciens de Brême » de Maurizio Cattelan.

On fera une petite mention honorable à Joseph Beuys qui lui, s’est enfermé 3 jours dans une pièce avec un coyote sauvage lors de sa performance I like America and America likes me.