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Mary Cassatt, une femme comme on les aime.

Il y a quelque temps maintenant, on consacrait une semaine spéciale femmes fortes (on ne parle pas de corpulence évidemment).
Et comme vous pouvez vous en douter, une semaine, c’est bien trop court.
On avait donc parlé de Yayoi Kusama, Berthe Morisot, Niki de Saint Phalle, Sonia Delaunay, Frida Kahlo et Artemisia Gentileschi.

Aujourd’hui, on rajoute à cette liste (non-exhaustive), Mary Cassatt.

Mary Cassatt

Mary Cassatt, Bébé dans un costume bleu, regardant par dessus l‘épaule de sa mère, vers 1883-1885, huile sur toile, 72,87 x 59,85 cm, Inv. CAM
1928.222, Cincinnati Art Museum, John J. Emery Fund © Cincinnati Art Museum

Mary Cassatt est née le 22 mai 1844 à Pittsburgh en Pennsylvanie. Dès ses 5 ans, elle quitte les Etats-Unis pour la France puis l’Allemagne.
Sa mère, avide de culture, l’emmène découvrir les Musées européens, c’est ainsi, que Cassatt développe sa passion pour l’art européen. Elle découvre le travail d’Ingres, Delacroix ou encore Courbet.
Son frère décède en 1855 d’un cancer des os, ils sont alors contraints de rentrer en Pennsylvanie.

Mary Cassatt reprend le dessin à la Pennsylvania Academy of Fine Arts, dont elle est déçue. En 1866, elle retourne vivre à Paris avec sa mère. À l’époque, les femmes ne sont pas acceptées aux Beaux Art. Elle participe alors aux ateliers Charles Chaplin puis ceux de Jean-Léon Gérôme.
En 1868, ses œuvres sont exposées au Salon de Paris.

Mary Cassatt

Mary Cassatt, Été, vers 1894-1895, huile sur toile, 100,6 x 81,3 cm, Inv. 1988.25, Terra Foundation for American Art, Daniel J. Terra Collection,
1988.25 © Terra Foundation for American Art, Chicago

Une rencontre va alors changer sa vie. Celle d’Edgar Degas en 1875.
Sous ses bons conseils, elle va poser un premier pas dans le groupe des impressionnistes.
Elle expose huit toiles et pastels et huit eau-fortes (procédé de gravure en taille-douce sur une plaque métallique) en 1880 au salon des impressionnistes que le marchand Durand-Ruel va lui acheter.

Mary Cassatt peint avec son cœur des couleurs douces, des portraits de femmes et d’enfants, elle ne cherche pas à embellir la réalité, simplement retranscrire le quotidien des femmes. Une réalité du milieu aisé dans lequel elle a évolué sans idéaliser les femmes.

Ainsi, elle touche son public par la vérité qui émane de ses tableaux.

Mary Cassatt

Mary Cassatt, Portrait de Mademoiselle Louise-Aurore Villeboeuf, 1901, pastel sur papier beige, 72,7 x 60 cm, Inv. RF 36822, musée d’Orsay,
Paris, don de Mlle Louise-Aurore Villeboeuf, 1978 © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Être une femme artiste n’est pas chose facile au XIXe siècle. Mary Cassatt persévéra et parviendra à se faire un nom dans le mouvement impressionniste résolument masculin.
Elle n’eut ni enfant ni mari, une vie d’indépendante bien contraire aux codes traditionnels de la société de l’époque.

Mary Cassatt, une femme comme on les aime.
Pour la découvrir ou redécouvrir, rendez-vous au musée Jacquemart André jusqu’au 23 juillet.

mary Cassat