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Le Manifeste du Surréalisme d’André Breton.

Le 15 octobre 1924, un coup de tonnerre éclate dans le monde artistique français et européen ! André Breton publie son premier Manifeste du Surréalisme. Alors dit comme ça, ça n’a pas l’air si révolutionnaire que cela et pourtant…

Vous voyez le divorce entre Brad et Angelina ? Et ben là, c’est pareil, la même rupture et la même guerre. Breton divorce avec les dadaïstes et tout cela ne s’est pas passé dans une ambiance cordiale… Breton était à la base un fervent admirateur de Tristan Tzara, un roumain à l’origine du Dada. Ce courant artiste est né durant la Première Guerre Mondiale, en réponse à la violence et à l’absurdité de la guerre. Dada mets en avant l’explosion de l’inconscient, avec des œuvres provocantes, causant très souvent des échauffourées lors des expositions Dada.

 

En 1924, André Breton est lassé par le côté apathique du dadaïsme c’est à dire l’impassibilité, le manque d’émotion mais aussi la négativité qu’il en résulte. Il rédige alors le fameux « Manifeste du Surréalisme » qui est un peu l’ équivalent de l’acte de divorce entre Tzara et Breton. À l’origine, ce texte était une préface de Poisson Soluble, un de ses ouvrages (puisque rappelons qu’il est à l’origine poète). Mais lorsque Breton écrira un second Manifeste en 1929, la préface sera publiée en tant que livre à part entière avec le second manifeste.

 

Le Manifeste du Surréalisme d’André Breton (aka « Le pape du surréalisme », rien que ça !) prône l’ « automatisme psychique par lequel on se propose d’exprimer, soit oralement, soit par écrit, soit de tout autre manière, le fonctionnement réel de la pensée ».

Pour faire un peu plus simple, il défend un point de vue non intellectuel, où la création viendrait tout droit de l’inconscient de l’artiste. Il veut que les rêves et le hasard passent avant la réflexion intellectuelle.

 

Plusieurs artistes vont le suivre sur cette voie, comme Max Ernst, Hans Arp, Miró, Man Ray ou encore Picasso, Dali et Magritte. Dès la fin des années 1920, le mouvement deviendra international et éclipsera le dadaïsme.

Dali, La Tentation de Saint Antoine, 1946

Si Paris, puis l’Europe sont les lieux où le surréalisme grandira, il disparaîtra peu à peu avec une sorte de retour à l’ordre avec le mouvement de la Nouvelle Objectivité voulu par des artistes tels que Otto Dix ou George Grosz.  Après le traumatisme de la guerre, ils prônent un art réaliste, qui mets en avant la crise politique et sociale, surtout en Allemagne.

Otto Dix, Les parents du peintre, 1924

Mais le surréalisme vivra d’autres années de gloire. Il faudra simplement traverser l’Atlantique puisque c’est aux États Unis, et plus précisément à New York qu’il renaîtra de ses cendres, tel un phœnix ( quoi ? vous trouvez qu’on en fait trop ?)