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L’Âge d’Airain

Âge d’Airain

Auguste Rodin (1840 -1917) L’Âge d’Airain 1877 Bronze
H. 180,5 cm ; L. 68,5 cm ; P. 54,5 cm S.986 © Musée Rodin

Rappel #2 : Museum vous propose une soirée spéciale Rodin ce samedi !

Imaginez, vous faites un beau dessin dont vous êtes très fier. Vous le montrez, la tête haute à vos amis. Mais BADABOUM, on vous accuse d’avoir décalqué une photo.
Vous essayez de vous défendre, vous faites appel à un avocat, mais rien ne change, vous êtes pointé du doigt.
Déçu, vous baissez la tête et abandonnez le dessin.

Heureusement que Rodin n’a pas abandonné !

On continu, après Le Penseur et La Porte de l’Enfer, passons à L’Âge d’Airain.

Âge d’Airain

Auguste Rodin (1840 -1917) L’Âge d’Airain 1877 Bronze
H. 180,5 cm ; L. 68,5 cm ; P. 54,5 cm S.986 © Musée Rodin

L’âge d’Airain est la première œuvre importante de Rodin. Réalisée à Bruxelles, en 1877, c’est grâce à celle-ci que Rodin acquerra son succès légendaire.

Attardons-nous d’abord sur le sujet de l’œuvre :
Est-ce un guerrier ? Est-ce un Dieu ? Pourquoi n’a-t-il aucun attribut ?
Il s’agirait d’un vaincu. Après la guerre de 1870, Rodin voulait représenter une statue qui symbolisait la défaite, mais aussi la renaissance.
Elle fut donc nommée l’âge d’Airain en référence au célèbre métal résistant.

Il exposa ainsi sa sculpture au salon de Bruxelles en 1877, où elle fut admirée autant que critiquée.
Il faut savoir qu’à l’époque, il est très rare de voir une sculpture sans accessoire qui permettaient d’identifier le sujet, mais aussi pour leur donner une contenance.
L’homme représenté ici reste alors inconnu.
Voici l’objet du premier scandale.
Mais Rodin rajoute une couche, le corps n’est pas idéalisé, une vérité anatomique se dégage de notre homme.

Âge d’Airain

Auguste Rodin (1840 -1917) L’Âge d’Airain 1877 Bronze
H. 180,5 cm ; L. 68,5 cm ; P. 54,5 cm S.986 © Musée Rodin

C’est marrant de faire le parallèle avec aujourd’hui, les modèles des magazines font scandale tant ils sont « faux » et « idéalisés ». Alors qu’à l’époque, on reproche à Rodin de ne pas avoir représenté un corps dit « idéal »…
Bref.
Il est si réel que tous l’accusent d’avoir fait le moule de son modèle. Même le journal L’Etoile belge l’affirme.
Pfff, tous des jaloux.

Prenez du recul.
Reculez encore un peu.
Encore.
Encore un peu.

PAS SI LOIN, VOUS N’ALLEZ PLUS NOUS LIRE.

Regardez cette pose bien étrange. Une contorsion presque pas naturelle.
Voilà ce qui fait la touche de Rodin.
Pas d’accessoires inutiles, on fonce à l’essentiel, en faire moins pour dire plus.

On se donne rendez-vous demain pour une autre œuvre de notre sculpteur préféré !