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5 messages cachés du tableau de Frida Kahlo.

Et si on se disait qu’à partir d’aujourd’hui, le jeudi était l’occasion parfaite pour revoir un classique de l’Histoire de l’art ?
Pourquoi le jeudi ? Pourquoi pas.
Comme le jeudi soir, on va boire un coup avec les copains, c’est l’occasion de briller en société.

Bref, appelons à la barre, celle qui a fait ses études dans l’Histoire de l’art pour qu’elle nous éclabousse de sa connaissance.

Aujourd’hui, parlons peu et parlons bien pour décrypter les 5 messages cachés du tableau de Frida Kahlo.

1. Petit point sur Frida.

Dans le top 5 des femmes au destin tragique, Frida Kahlo n’est pas loin de la première place.
Son art est influencé par les traumatismes physiques et psychologiques ainsi que par ses origines germano-mexicaines.

Pour rappel : (Attention, faut avoir le petit cœur bien accroché.)
À l’âge de 6 ans, elle contracta la poliomyélite et resta alitée pendant neuf mois. À 18 ans, elle est victime d’un accident de tramway qui faillit lui coûter la vie. Elle subit plus de trente interventions chirurgicales. Immobilisée, elle commence à peindre des autoportraits.
En 1928, elle reprend contact avec le peintre mexicain Diego Rivera qu’elle rencontra au lycée quelques années plus tôt. Ils se marièrent un an plus tard.
Leur amour fut aussi intense que douloureux.
En 1953, elle se fit amputer de la jambe droite, en 1954, elle meurt âgée de 47 ans.

Si ça ce n’est pas une vie intense ! Et encore, on n’a pas tout dit.

2. Les symboles

Le collier de Frida Kahlo est un colibri noir et mort. Les ailes déployées font écho aux sourcils de notre artiste.
Le colibri mort, dans la tradition mexicaine, est un porte-bonheur évoquant l’espoir. Le tableau est réalisé peu de temps après le divorce de Frida Kahlo et Rivera, un divorce douloureux qu’apaisera, peut-être, le colibri.
Le colibri est attaché à un collier d’épines évoquant ses souffrances, référence à la couronne d’épines du Christ sur la Croix.

Plusieurs signes rappellent les symboles chrétiens, comme la feuille jaune qui rappelle l‘aura d’une figure sainte ou encore la libellule, symbole de la résurrection.

3. Les animaux

Le singe : assis sur l’épaule de Frida, il fait référence au singe apprivoisé, offert par Diego Rivera. Ainsi, comme un ange sur son épaule, on peut supposer qu’il le représente.
Un singe joueur, tirant sur son collier, lui infligeant une douleur. Peut-être représente-t-il aussi l’enfant qu’elle ne peut avoir à cause de sa fragilité.

Le chat noir : symbole de sa dépression, de sa malchance, car vous n’êtes pas sans savoir que le chat noir porte malheur et évoque la mort.

Les papillons : plus discrets, ils se nichent dans ses cheveux. Un symbole d’espoir qui représente sa renaissance espérée.

4. Les influences

Frida kahlo est pleine de références. Références d’artistiques comme Rousseau pour ses fleurs et ses plantes exotiques, son père photographe, les grands maîtres tels que Léonard, Rembrandt ou encore Vélasquez mais aussi des références dans l’art  mexicain et précolombien.

5. La composition

Frida Kahlo réalisa cet autoportrait en 1940, après son divorce avec Diego Rivera et pendant sa liaison avec Nickolas Muray, photographe américain d’origine hongroise.
Le visage et les épaules de Frida Kahlo sont centrés, imitant les icônes réalisées par les croyants pour les églises.
« je peins des autoportraits parce que je me sens si souvent seule, parce que je suis la seule personne que je connais le mieux » confia t-elle.

Bon, ça ira pour le moment, vous avez de la matière pour tenir une belle conversation ce soir autour d’une bière.
On se dit à jeudi prochain pour un nouveau tableau à décrypter ?

 

6. Bonus

On a beau adorer cette artiste, on ne sait jamais où se trouve le h de Kalho. Kaloh. Khalo. Kahlo.