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5 messages cachés du tableau de Goya.

El tres de mayo de 1808 en Madrid, 1814

Comme chaque jeudi, la rédac’ vous propose de découvrir 5 anecdotes sur une œuvre majeure de l’Histoire de l’Art.
Il y a quelque temps, nous vous avons proposé de découvrir l’exposition aux Carrières de Lumières sur Picasso et les maîtres Espagnols. Des « maîtres » comme  Sorolla, Rusiñol ou encore Goya, pour préparer votre visite au musée, découvrons ce dernier.

1. Petit point sur Goya.

Goya est né en 1746 dans une famille modeste, à Fuendetodosen. (et on est bien content de ne pas avoir à prononcer ce nom). C’est à treize ans qu’il commence son apprentissage auprès de Jose Luzany Martinez, il apprend le style baroque et rococo et puise son inspiration des œuvres de Vélasquez.
En 1786, il devient peintre à la cour de Madrid.
Lorsque les Français quittent l’Espagne, il perd la confiance du Roi et vient s’installer en France.
Le tableau que nous allons examiner aujourd’hui témoigne de l’exécution des soldats français en place publique orchestrée par Napoléon 1er.

Accrochez vos petits cœurs, ça ne va pas être facile.

2. Le condamné

Ne passons pas par quatre-chemins et présentons tout de suite le personnage qui ne passe pas inaperçu : le condamné. Associant les horreurs de la guerre aux connotations biblique, le tableau de Goya est considéré comme le premier tableau moderne. Le personnage central est un citoyen, sûrement paysan comme en témoignent ses vêtements. De son courage, il fait face aux soldats français.
Dans la lumière, l’homme déploye ses bras en signe de soumission, une référence à la Croix et à la position du Christ.

El tres de mayo de 1808 en Madrid, 1814

 

 

3. La lumière

La lanterne est la seule source de lumière du tableau. Séparant les victimes du peloton (une unité militaire de petite taille), elle éclaire les condamnés, permettant ainsi aux soldats de voir leur cible, mais aussi à nous, spectateurs, de ressentir la violence de la scène.

El tres de mayo de 1808 en Madrid, 1814

Les soldats, dans l’ombre, anonymes et presque inhumains, pointent leur fusil. On est en novembre 1807, Napoléon prêtend vouloir soutenir l’armée espagnole en envoyant plus de 20 000 soldats, mais c’est un leurre.

El tres de mayo de 1808 en Madrid, 1814

4. Les influences

Comme mentionné précédemment, Goya s’inspire de Vélasquez en reprenant ses touches libres. Cependant, il va plus loin en traçant des traits plus visibles, plus dynamiques, utilisant la peinture au couteau, et même aux doigts.

El tres de mayo de 1808 en Madrid, 1814

 

5. Quelques détails

L’utilisation des couleurs brunes, grises et noires illustrent le cauchemar.

El tres de mayo de 1808 en Madrid, 1814

Au fond, on distingue Madrid. La ville conquise est dans l’ombre, un contraste puissant avec la scène éclairée qui ne présage rien de bon.

 

L’homme au premier plan fait écho à la position du condamné, celle du christ crucifié, il a échoué à sauver sa ville. Goya est profondément touché par ce massacre et la perte de ses compatriotes.

El tres de mayo de 1808 en Madrid, 1814


6. Bonus

Bon, pour se remonter le moral après ce tableau plutôt déprimant, voici une blague qui, nous l’espérons, détendra l’atmosphère :
Comment mettre 4 phoques dans une mini ?

Rép : deux devant et deux derrière.

Rendez-vous aux Carrières de Lumières des Baux-de-Provence pour en découvrir un peu plus sur Goya.

À jeudi prochain pour une nouvelle découverte !